Le blog maçonnique “réuni & rectifié”
de L'Ami de la Rose
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Au RER : interdiction des remerciements et félicitations ?

Le 18 novembre 703 (ou le 1 décembre 2016 de l'E\V\) par L'Ami de la rose


Souvent, durant nos Travaux, il est régulièrement possible d'entendre quelques Frères éclairés professer des assertions comme "on ne remercie jamais un Frère en Loge" ou encore "il ne faut jamais féliciter un Frère". A les entendre, ces "règles" seraient pratiquées depuis le début de la Franc-Maçonnerie. Ou tout du moins sont-ils certains qu'elles l'étaient au sein du Régime écossais rectifié.

A ces assertions, il suffit de demander à ces quelques Frères sachants : "mais où sont écrites ces règles au juste ? quels documents manuscrits du XVIIIe siècle, qu'il s'agisse d'un rituel, d'une correspondance, d'une Règle ou encore d'un Code, en parlent ?" Avec ces questions, sans doute impertinentes, les réponses sont moins nombreuses... disons plutôt inexistantes.

N'ayant pas pu consulter l'ensemble des fonds manuscrits qui concernent le Régime écossais rectifié, nous n'aurons jamais la prétention de dire "ces règles n'ont jamais existé". La Prudence nous impose de dire "nous ne demandons qu'à voir..."

Ceci étant, nous sommes heureux de pouvoir prouver que remerciements et félicitations ont existé, dès le XVIIIe siècle, au sein de ce qui est devenu au final le Régime écossais rectifié. Et que cela a même été consigné dans les protocoles.

En visite au sein du Grand Chapitre de Lyon, "le Rév. f. Jacobus jacobus ab igné de Montpellier a remercié le Grand Chapitre des honneurs particuliers qu'il luy avoit accordé en l'admettant dans l'enceinte du Chap. mais il a représenté au nom de son Chap. que le Mag. fr. Commissaire Général l'avoit flatte que les membres Capitulaires de la Préfecture Priorale exempte de Montpellier jouiraient partou des mêmes honneurs & Prérogatives que les membres Capitulaires des Grands Chap. Provinciaux [...]" [BML Ms 5480, feuillet 72 - Protocole n°36 du 2 avril 1774]


Assez logiquement pour des Frères de bonne éducation, les Chevaliers de l'Ordre intérieur étaient courtois. Il leur arrivait même, en Assemblée, de décider d'écrire noir sur blanc des lettres de remerciements :

"il a été unanimement arrêté qu'il lui seroit écrit [au marquis d'Arcambale] au nom du Directoire une lettre de remerciement dans laquelle on pourroit lui faire pressentir l'empressement qu'on auroit à l'admettre s'il en marquoit le désir & en faisoit la demande." [BML Ms 5480, feuillet 75 - Protocole n°38 du 13 juin 1774]


Pour ceux qui auraient pu croire à un accident et qui auraient ainsi pu douter de sa durée dans le temps, cet usage courtois persistait les années suivantes...

Le 9 mai 1776, le Grand Chapitre de Lyon arrête d'écrire une lettre de remerciement aux ff. députés qui défendent, à Paris, le Régime rectifié en tentant de faire signer un traité avec des articles particuliers et secrets [BML Ms 5480, feuillet 92-93 - Protocole n°46]. Le 7 septembre 1776, Jean-Baptiste Willermoz est chargé de remercier Bacon de ses bons offices rendus jusqu'à ce jour [BML Ms 5480, feuillet 100-101 - Protocole n°50]. Le 18 avril 1777, il est donné lecture d'une lettre du baron de Durckheim, à J.B. Willermoz, qui remercie le Gr. Chap. d'Auvergne de la Patente de confiance de la Province et annonce d'envoyer plusieurs papiers. Lecture également d'une autre lettre, écrite par de Turckheim, nouveau Chancelier de la Ve Prov., qui fait des remerciements à la IIe Prov. sur la conduite qu'elle a tenue à l'égard du fr. Lioy. [BML Ms 5480, feuillet 115-117 - Protocole n°59].

Les félicitations étaient également bien présentes au sein du Régime. Le 2 août 1774, il est donné lecture d'une première lettre, écrite par le fr. a Pino pour JBW, le félicitant pour ses actions entreprises. Une deuxième lettre, de Ferdinand de Brunswick, applaudit d'avance ses démarches pour la réunion de la II, III et VIIIe Provinces de l'ordre. [BML Ms 5480, feuillet 17 - Protocole n°8]. Le 9 mai 1776, lecture est donnée par JBW d'une lettre du baron du Hund applaudissant et adhérant aux raisons du Chapitre et déclarant nulle les patentes d'adjoint quil avait accordées à la sollicitation de Weiler [BML Ms 5480, feuillet 92-93 - Protocole n°46].

Puissent ces quelques exemples démontrer qu'il faut arrêter de faire croire aux Frères que les remerciements et félicitations sont interdites au sein du Régime rectifié depuis ses débuts...

L'Ami de la Rose



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