Le blog maçonnique “réuni & rectifié”
de L'Ami de la Rose
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Tableaux de Loge au XVIIIe s. : décrits ou pas décrits ?

Le 25 juin 703 (ou le 8 juillet 2016 de l'E\V\) par L'Ami de la rose
Il y a parfois des phrases qui piquent ma curiosité & qui me permettent alors de me poser des questions, de me remettre en question, de revoir et de relire de vieux rituels du XVIIIe siècle. Et alors, je fouine, je gratte, je cherche, je recherche… en vue de trouver.

Tel fut le cas au début de ce mois, lors d'un débat passionnant sur les Tableaux de Loge du XVIIIe siècle.

J'étais personnellement convaincu d'avoir lu, dans d'anciens rituels, que les Tableaux de Loge comportaient déjà, à la fin du XVIIIe siècle, des mentions descriptives des symboles qui les composaient alors. Et, dans la discussion, une Soeur a remis en cause mon affirmation.

Peut-être avais-je effectivement un problème de mémoire (ma femme me le rapproche souvent), alors il n'en fallait pas moins pour piquer ma curiosité.

Adepte de la recherche scientifique – donc de la remise en question permanente de thèses à l’aide de sources et données –, je me suis empressé de rouvrir d’anciens rituels. Il ne m'aura fallu en ouvrir à nouveau que quelques-uns pour me rassurer sur l’état de ma mémoire : les éléments symboliques présents sur les Tableaux de Loge étaient déjà bien décrits au XVIIIe siècle.

Mais ce sujet a véritablement éveillé ma curiosité (je remercie encore ma Sœur pour cela) et m’a fait poser de nouvelles questions. Sachant à quel point le Tableau de Loge est central, je me suis demandé quels emblèmes étaient alors décrits ? Et à partir de quand ces descriptions font leur apparition ?

Voilà ci-après le résultat d’une recherche rapide, dans trois rituels différents au grade d’apprenti, pour commencer à donner des éléments et pistes de réponses à ces questionnements.

Nous en avons profité pour reconstituer les tableaux de Loge de ces 3 rituels, selon le principe héraldique suivant : le blasonnement sert au dessin, donc seuls les symboles mentionnés dans les rituels sont utilisés dans le tableau, sans ajouter de fioritures.

Nous concédons que le résultat est visuellement imparfait (on ressent l'impression d'espaces vides et symboles manquants), mais c’est la méthodologie que nous souhaitions utiliser. Elle met en évidence ce qui était oralement présenté aux récipiendaires à cette époque.

Le rituel du « rite français » de 1788 :

Dans son paragraphe « Explication du Tableau d’Apprenti », l’ensemble des « figures symboliques qui tendent à la perfection de la Maçonnerie » sont décrits, à savoir :

le compas, l’équerre, le niveau, « le » perpendiculaire, la houppe dentelée, le soleil (dont l’emplacement est précisé à droite), la lune (par opposition est implicitement à gauche), le pavé mosaïque, la voûte azurée, la pierre brute (et nous supposons la pierre cubique par opposition), les deux Colonnes de l’entrée du Temple de Salomon, trois fenêtres (Orient, Occident, Midi) et une truelle.




Le rituel & règlement de la Loge de l’Heureuse-Alliance de la ville d’Uzerche (1780) :

Ce rituel, dans son paragraphe « Explication du tableau » pour la réception des profranes, offre le même genre de description, sans indiquer toutefois l’emplacement précis des emblèmes sur le tableau de Loge. Sont décrits :

le compas, l’équerre, « les niveaux » du 1er Surveillant, « la » perpendiculaire du 2nd, la houppe « dantelée », le soleil, la lune, les 7 marches, le pavé mosaïque, la voûte azurée et la pierre brute.




Le Rituel de Berne (1740) :

Ecrit en vieux françois, le paragraphe "Discours de l'Orateur Contenant l'Explication du Tableau & de la Preparation, avec des Exhortations & des Conseils" de ce rituel précise déjà, avant le milieu du 18e s., les symboles présentés sur le Tableau sont :

Le soleil, la lune, le « très Vénérable » (donc l’équerre), l’étoile flamboyante, la houppe dentelée, le pavé mosaïque, la pierre brute, la pierre cubique à pointe, la planche à tracer, la Bible, le Compas, le Niveau, l'Equerre, la Perpendiculaire, les deux Colonnes.




En parallèle, retenons de ce rituel cette phrase intéressante : le Tableau de Loge tout comme notre coeur est une « Image Imparfaite du temple de Salomon », qui « n'en retrace point les beautés » et qui est « un Chef d'Oeuvre dans son espece, le temple spirituel que nous elevons dans nos Coeurs a la Vertu doit aussi atteindre au plus haut degre de Perfection ».

Nous essayerons d'appliquer prochainement ce même méthodologie de reconstitution de tableaux de Loge pour ceux des différentes versions du rituel du RER.

L'Ami de la Rose



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